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Le vieillard, le jeune et l'âne

La légende Le vieillard, le jeune et l'âne a possiblement été introduite au Québec par des pères missionnaires se promenant dans les écoles pour partager leurs expériences de voyage et leur vision du monde. Jusque dans les années 60, le clergé était, en effet, très impliqué dans l'éducation des jeunes Québécois. En fait, ce sont des religieuses qui, Marguerite Bourgeoys en tête, créèrent les premières écoles de la Nouvelle-France. Ses premiers élèves, un garçon et une fille, suivirent leurs leçons dans une vieille étable. Plus tard, d'autres religieuses arrivèrent de France pour enseigner aux enfants désireux d'apprendre, qui se montraient de plus en plus nombreux. Bientôt, on sépara les classes des garçons de celles des filles, et il fut considéré comme immoral qu'un professeur, femme ou homme, enseigne à des enfants de l'autre sexe. En fait, certaines écoles appartenant aux Jésuites, prodiguant un enseignement plus avancé, n'étaient accessibles qu'aux élèves mâles. Toutefois, en campagne, il était fréquent que tous les enfants, généralement âgés de 6 à 14 ans, soient entassés dans une même classe. Vers la fin du XVIIIe siècle, environ 20 % de la population pouvait lire. La Conquête anglaise sema la crainte à travers le clergé, inquiet de perdre son influence au profit des protestants. C'est plutôt l'État qui petit à petit diminua le pouvoir de l'Église sur l'éducation des jeunes canadiens. Dans les campagnes, au XXe siècle, les écoles de rang pullulaient. On y retrouvait majoritairement des femmes, celles-ci gagnant moins de la moitié du salaire des hommes exerçant le même métier et étant donc plus économiques. La population rurale se méfia d'abord de l'éducation, qu'elle percevait comme une activité pour paresseux et une nuisance pour le travail de la terre. Pour l'institutrice, la vie n'était pas de tout repos. Elle devait souvent cumuler les tâches pour se faire accepter dans la région où elle œuvrait. De plus, la moindre bévue risquait d'occasionner la colère des habitants, qui n'hésitaient alors pas à saccager l'école ou à exiger son renvoi. Toutefois, lorsqu'elle était appréciée, une enseignante suscitait généralement l'admiration des gens du coin. En ville, on retrouvait bien sûr des écoles plus grandes afin de recevoir plus d'élèves. La discipline y était très importante ; les enfants devaient bien se tenir et être « présentables » en ce qui concernait la propreté et l'habillement. Les enseignants de cette époque, pour la plupart membres du clergé, pouvaient, lorsqu'ils le croyaient nécessaire, pousser la discipline jusqu'aux corrections physiques. Dans les années 60, le monde de l'éducation amorça un véritable tournant ! On créa le ministère de l'Éducation, on mit en place différents moyens pour rendre l'école plus accessible à tous et, finalement, on en plaça la responsabilité dans les mains de l'État.

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Les débuts du régime seigneurial


Dans les premiers temps de la Nouvelle-France, c'était la Compagnie des Cent-Associés qui assurait le peuplement de la colonie. Cependant, en 1634, désirant accélérer les choses et favoriser un établissement durable d'habitants, la France instaura le régime seigneurial. On céda donc des parts de territoire à certains individus méritants, appelés seigneurs, qui devaient à leur tour attribuer une portion des terres aux colons désirant s'installer en Nouvelle-France. Ainsi, chacun d'eux pouvait habiter et exploiter le territoire, pour parvenir à une relative autosuffisance grâce à l'agriculture.


Des origines moyenâgeuses


Le système féodal, adopté par plusieurs pays d'Europe pendant le Moyen Âge, est en quelque sorte l'ancêtre du régime seigneurial de la Nouvelle-France. Toutefois, si les deux se ressemblaient dans leur fonctionnement, leurs objectifs étaient totalement différents. La féodalité n'avait pas pour but le peuplement, comme c'était le cas pour les seigneuries canadiennes, mais plutôt l'assurance de la fidélité des habitants. Ainsi, lorsqu'un seigneur accordait une terre à un individu, il exigeait de lui en retour qu'il soit à sa disposition pour prendre les armes si une attaque survenait.
Il faut mentionner que les seigneurs européens accaparaient beaucoup du pouvoir du roi et se plaisaient à agrandir leur territoire en attaquant leurs voisins.


Des droits et des devoirs


Pour que le système des seigneuries fonctionne, l'État devait reconnaître des droits et imposer des devoirs aux seigneurs comme aux censitaires. Ainsi, le seigneur devait distribuer des terres, garder certaines ressources pour le roi et sa marine, et payer une taxe à l'État. Le censitaire, lui, s'engageait à faire moudre son blé au moulin, à payer les différentes taxes imposées, à entretenir sa terre et à consacrer quelques jours de corvée au seigneur. Les droits de l'habitant étaient, bien sûr, assez limités.


Le seigneur, de son côté, pouvait créer son propre système de justice, récolter les redevances et accorder les permissions de chasse et de pêche...


La seigneurie


Les seigneuries de la Nouvelle-France étaient en forme de rectangle, dont le côté le plus étroit faisait face au fleuve. Cette forme permettait à un grand nombre d'habitants d'avoir accès au cours d'eau, indispensable pour cultiver la terre. Le territoire du seigneur mesurait généralement entre 10 et 20 kilomètres de profondeur. À son arrivée, il construisait son manoir au milieu de son domaine ainsi qu'un moulin pour le blé et, s'il le souhaitait, un moulin à scier le bois (qu'on appelait « moulin à scie »). Aux alentours du manoir, un endroit était réservé aux bâtiments religieux, soit l'église et le presbytère.


Une portion de terre servait également à faire paître le bétail des habitants qui, quant à eux, se partageaient le reste du territoire.


La première seigneurie du Québec


La première seigneurie concédée en Nouvelle-France par la compagnie des Cent-Associés fut destinée à Robert Giffard. Venu de France mais ayant déjà visité le Canada alors qu'il était chirurgien pour la marine, il vint s'établir au pays en 1634. On lui avait octroyé, tout près de Québec, une étendue de terre d'une lieue par quatre lieues qu'il nomma Beauport. On raconte que le seigneur Giffard était très bon envers ses paysans. En fait, après trois ans de services, ceux-ci pouvaient devenir propriétaires de la terre qui leur avait été attribuée.


Véritable pionnier de ce type de colonisation, il mourut en 1668, dix ans après son anoblissement.


La fin d'un régime...


Malgré tous les efforts déployés, les seigneuries restèrent relativement peu peuplées jusqu'à la fin du régime français. Celle qui comptait le plus d'habitants était l'île de Montréal, avec environ 500 censitaires. À cette époque, le territoire était immense et les conditions de vie, plutôt difficiles. Les seigneurs et leurs paysans avaient parfois juste assez de revenus pour survivre. Après la Conquête, un nouveau système de distribution de terres s'imposa. C'était la division en cantons, idée élaborée par les Anglais.


Cependant, bien enracinées dans le mode de vie des Canadiens, les seigneuries survécurent jusqu'en 1854, date où une loi les abolit définitivement.


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