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Le vaisseau fantôme

En 1713, à la suite du traité d'Utrecht, le territoire de l'Acadie est cédé aux Anglais. Cependant, la présence et la neutralité des Acadiens représentent bientôt une menace pour les autorités de la Nouvelle- Écosse. Devant l'imminence d'un conflit avec les Français, les Anglais se demandent que faire de ces milliers d'Acadiens qui refusent de prêter serment d'allégeance à la Couronne britannique. On finit donc par justifier le projet de déportation des Acadiens. Charles Lawrence, gouverneur anglais de la Nouvelle-Écosse, se charge de l'exécution du plan. Le « Grand dérangement » des Acadiens débute en 1755 pour se terminer vers 1763. Au printemps de 1760, la Nouvelle-France risque de tomber d'un jour à l'autre sous le joug des Anglais. Pourtant, on espère toujours des secours en provenance de la mère patrie. Afin de soutenir sa colonie, la France finit par envoyer cinq navires marchands escortés par quelques petits bateaux, dont la frégate Le Machault. Chargés de vivres, de munitions et de quelques centaines de soldats, les navires voguent vers l'Amérique du Nord. Seulement trois d'entre eux arriveront à traverser le golfe du Saint-Laurent, après avoir échappé à des vaisseaux anglais le long des côtes françaises. François Chenard de la Giraudais, commandant de la flottille, et les navires qui restent se replient au fond de la baie des Chaleurs. Des réfugiés acadiens, qui ont fui les persécutions anglaises, ainsi qu'une centaine de familles micmaques se sont installés près de l'estuaire de la Ristigouche. L'arrivée des bateaux français est une bénédiction car la population souffre de famine. Les Français ne tardent toutefois pas à être repérés par leurs ennemis. À la fin du mois de juin de l'an 1760, une nouvelle lutte s'engage entre Français et Anglais dans l'embouchure de la rivière Ristigouche. La petite flotte française, malgré l'aide des Acadiens et des Micmacs, n'est pas de taille. Elle résiste pourtant longtemps, n'hésitant pas à se battre. Enfin, Montréal capitule devant les Anglais en septembre. La nouvelle ne parvient à Ristigouche qu'à la fin du mois d'octobre. La garnison n'a d'autre choix que de se rendre.

Fiches

La vigie


La vigie n'est pas exactement une composante d'un navire ; il s'agit plutôt du matelot qui était autrefois chargé de la surveillance. La personne qui exerçait le guet se plaçait généralement en proue, c'est-à-dire à l'avant du bateau, ou encore devait monter dans la mâture afin d'avoir la vue la plus vaste sur l'horizon. Son rôle était essentiel puisqu'elle devait prévenir le reste de l'équipage si jamais un danger se présentait ou encore si une parcelle de terre apparaissait à l'horizon.


La frégate


Les premières frégates ont été créées au XVIe siècle. À cette époque, le galion, grand navire à voiles constitué de plusieurs ponts et surtout utilisé par les Espagnols, régnait sur les mers. Toutefois, sa construction, qui nécessitait du bois de chêne et le travail minutieux de plusieurs artisans, ainsi que son entretien étaient onéreux. C'est pourquoi ils étaient consacrés au commerce. En outre, ce vaisseau de ligne était souvent secondé par des navires plus petits et plus rapides, dont les fameuses frégates.





Ces bateaux à voiles se caractérisaient par la présence de trois mâts. Leur artillerie pouvait comporter jusqu'à une soixantaine de canons. Ils étaient légers, se manœuvraient plus facilement que le galion et servaient souvent d'éclaireurs. Ce sont d'ailleurs des frégates anglaises et françaises qui se sont livré bataille dans l'estuaire de la Ristigouche, en 1760, lors du dernier effort de la France pour sauver sa colonie. Il est possible d'observer l'épave de la frégate « Le Machault » dans la municipalité de Pointe-à-la-Croix.


La vie en mer


La vie sur les navires qui voguaient jusqu'au Nouveau Monde était rude et difficile. L'équipage était entassé dans l'entrepont et confronté à une hygiène déficiente, à la promiscuité et à de la nourriture avariée. De plus, la vermine infestait souvent les lieux. Pour tenter de conserver les aliments le plus longtemps possible, on les salait, les marinait, les séchait ou encore on les fumait. Malheureusement, les denrées finissaient par se gâter malgré tout après un certain temps, car les voyages pouvaient durer jusqu'à trois mois.





En raison de ces conditions, une grande partie des marins tombaient inévitablement malades pendant les traversées.


Le scorbut


Le scorbut était l'une des principales maladies dont souffraient les matelots au cours de la traversée de l'océan Atlantique. Une carence en vitamine C en était la cause. Les symptômes du scorbut se manifestaient sous les formes suivantes : rougeurs épidermiques, gencives affaiblies, perte des dents, hémorragies internes, douleurs à l'estomac, etc. La mort survenait dans les cas les plus graves. On n'arrivait pas à savoir ce qui causait la maladie exactement, mais on se doutait que son apparition était liée à la mauvaise qualité de la nourriture.





Au début du XVIIe siècle, on a découvert que le citron pouvait être efficace contre ce mal redoutable. Ce n'est pourtant qu'une centaine d'années plus tard qu'un chirurgien britannique nommé James Lind arriva à prouver que les agrumes constituaient un bon moyen de se défendre contre le scorbut. Cette maladie, par ailleurs, n'était pas propre à la navigation; elle pouvait (et peut toujours) naître pendant la guerre et lors de famines.


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